Thursday, November 03, 2005

Trip to China ( II )

Dimanche 25/7/04 Réveillés à l’aube pour aller prendre le train de neuf heures à Changsha. Le chauffeur de taxi est à mon avis un amoureux de la vitesse et j’ai quelques frissons lorsqu’on se faufile entre vespa, gros bus, porteurs avec bambous. A la gare, discussion avec un étudiant de Air Force China. Les gens qui vous croisent et parlent anglais ne peuvent s’empêcher de vous aborder avec « hello ! » « where are you from ? ». Le prof d’anglais et de français, la tante et son neveu qui dit « Welcome to China ». Les nouilles fast-food comme tout le monde. Les pommes que la maman de Kate a préparées. En tout, cinq heures de train et une heure dans un minibus Subaru, direction Zhangaizhe. Arrivons au fond d’une vallée entourés de montagnes en pics. Le tout organisé avec la collaboration d’un jeune guide local. La ville en plaine compte près d’un million d’habitants. Moi qui imaginais quelque chose comme Verbier… La majorité des habitants constitue en fait une minorité en Chine. La vallée qui mène à cette ville va être prochainement désenclavée par une énorme route en construction, ponts et tunnels.






26/7/04 Petit déjeuner de bonne heure pour aller assez tôt à l’entrée du parc naturel. Il y a foule, des guides avec leurs drapeaux et leur porte-voix.








Il faut négocier avec un porteur reconnu qui va charger nos bagages sur son dos. Le début du trajet le long d’une petite rivière sur ce chemin de pierres taillées. Puis, nous gravirons plusieurs fois des marches de 700 à 1000 mètres, en tout six heures de marche. Parfois au sommet de ces pics montagneux au nom poétiques ( paradis ).
Un deuxième accompagnant fort sympa, chemise blanche et excellent marcheur est avec nous. Le père de Kate souffre de ses jambes qui enflent. Sur la route, un vieux sage lui offre une médecine traditionnelle à base d’alcool, de plantes aromatiques. Il lui masse les jambes avec vigueur et prétend que la pommade que nous avons n’est pas bonne. Retour et descente avec un ascenseur géant de plus de 300mètres. Encore la demesure à l’échelle chinoise. Le soir, shopping avec le guide local. Nous sommes logés dans un hôtel moyen situé dans le quartier chaud de cette ville touristique où affluent en très grand nombre les coréens.

Mardi 27/7/04 Changement de programme. Vu l’état des jambes du papa de Kate, on laisse tomber la marche. Pour 90 yuans, on se paie une descente en rafting sur ce qui sera la piste d’entrainement des JO 2008. Beaucoup de sensations. Baby, elle, reste au bord et fait les photos. Départ en mini taxi, type de Subaru made in china. Ville de Zhangaizhe en plaine. Les sauts et soubressauts dans la charrette me refont le dos ! Pour éviter le péage officiel qui coûte 10 yuans, on prend juste avant une petite route de paysans à peine carrossable. Pas fous, les paysans bloquent aussi la route et réclament leur taxe moins élevée que l’officielle. Le sens du commerce. A midi visite d’un vieux palais traditionnel ( 7étages ) fabuleusement reconstitué. Démonstration de chants et jonglage traditionnels.

Mercredi 28/7/04 Journée transport. 2 heures de train jusqu’à Guishou (je crois), puis taxis, il en faut 2 avec nos bagages, jusqu’à Fenghuang (Phoenix). La ville Gishou n’a rien de spécial mais Citroën avec la ZX a ici une part de marché qui doit avoisinner le 80%. Le trajet sur route nationale ou parfois des bus se dépassent même sans voir le virage, ce qui a bien effrayé notre chauffeur. A l’arrivée à Phoenix, la chinese connection fonctionne à merveille. Une amie d’étude de Lili, Gia, nous accueille au terminus. L’hôtel ou pension qu’elle a reservé pour nous est une petite merveille, pas luxueux, mais donnant sur la rivière. Cette petite ville (enfin tout est relatif) est un ravissement faite de ruelles pavées étroites, de bâtisses en bois surplombant la rivière d’un grand pont. Je fais moins le mariole avec mon début d’angine, mais les efforts cumulés du père de Kate, Mama Vic’ et Kate me remettent sur pied dès le lendemain. Au menu, antibiotiques locaux, kiwis et finis les épices.












Jeudi 29/7/04 Petit déjeuner dans la rue avec le traditionnel bol de nouilles. Aussi le riz à l’eau et sucre, un vrai bonheur.
On mange très bien ici. Un peu de shopping le jour. Mémorable ballade en barque. Notre batelier est un vieil homme de 82 ans qui a connu le fameux écrivain dans cette ville. Le père de Kate a pris sa flûte. Lorsqu’il joue, il fait nuit et les gens des bateaux autour ou sur les rives se remettent à applaudir. Kate sans complexe se met aussi à la chanson. Magique. L’après-midi, nous avons dansé et écouté quelques morceaux traditionnels sur une estrade derrière le pont. Il y a ce vieux couple qui dans aussi comme au bon vieux temps. 30/7/04 Avec regrets, nous devons quitter cette ville qui devrait devenir une attraction touristique sans doute. Prise de bus, puis à Guishou, en attendant le train qui part 7heures plus tard, nous nous louons une chambre d’hôtel juste pour quelques heures. On fait la sieste, regarde la TV, histoire de dragons, un peu de football Asian Cup avec Lilli qui aime bien. Puis départ par le waggon 15 du train de nuit destination Changsha via Xiangtan cette fois. Des compartiments sans porte à 6 lits superposés par trois. Toujours ces enfants adorables poussés par leurs parents à venir dire « hello » à l’étranger. Vu un français dans le train, presque un mirage ! Il y a ce jeune homme un peu saoul qui n’arrive pas à communiquer et s’excuse mille fois : « I am sorry, I am solly ». Il est en mauvais état. Par précaution, on lui fait comprendre que sa place est au 1er étage et non au milieu. Puis dodo jusqu’à 4h30 du matin. Lili qui a attrapé un peu mon virus va bien dormir car la Chine a battu l’Iran 3-0 en quarts de finale de l’Asian Cup. 31/7/04 Le lendemain, on est un peu claqué et on dort beaucoup. Après-midi, on visite le professeur de littérature chinoise de Kate. Il l’avait aidé autrefois en lui donnant des cours d’appui. Malheureusement, il nous montre un papier médical sur lequel on lui fait savoir qu’il a un cancer. On se ballade dans les ruelles direction l’appartement de Lili et ses parents qui ont cuisiné pour nous. On passe le CD que Kate a gravé pour montrer la Suisse, la famille. La maman de l’adorable petit bébé qui joue du piano nous montre les photos de mariage ainsi que son press book personnel. C’est assez pro et il y une touche asiatique vraiment sympa. Etincelle. Rendez-vous est pris le lendemain pour Kate et moi. Sur le moment, pas enchanté du tout…. 1er août 04 Levés tôt, c’est le jour studio photos. Une expérience inoubliable. Normalement cette prestation est assez coûteuse mais la encore avec les relations, le prix baisse. Durant six heures, Kate et moi seront maquillés, enfin surtout Kate, et déguisés. En blanc, en traditionnel chinois mandarin et Tang Dynasty. Le photographe type artiste queue de cheval est content de pouvoir pratiquer son anglais. C’est assez épuisant entre l’attente, les poses inconfortables sous les spots. Mais le résultat, sous forme de livre relié est hyper satisfaisant. Dans la vitrine du magasin bientôt figurera notre photo en format géant, prouvant ainsi l’ouverture vers l’ouest du studio ! La maman de Kate est particulièrement contente. Le soir, avec cousin Bea, on mange dans un resto colonial. Les serveurs portent un masque hygiènique. Qin Qin nous récite quelques poèmes en anglais. 02/08/04 Journée des émotions Kate et Victoria sont pas bien depuis hier soir, un peu de fièvre. Malgré tout, nous acceptons l’offre, l’honneur qui nous est fait de rencontrer pour un diner au restaurant, le vice-maire de cette ville de Xiangtan. Il parle anglais et rentre d’un voyage d’affaires en Europe. Et oui, le business n’attend pas. Nous parle de ses plans de développement, l’art, Genève qui est très propre. Ses allures sont celles d’un leader qui sait attirer, charismatique. Il nous teste : prendre une cacahuète avec les chops sticks. Test réussi. A bientôt Monsieur Shan Ping. L’après-midi avec le père de Kate, nous allons acheter les photos. Pas facile de se faire comprendre. Le photographe vient à la rescousse pour traduire. En rentrant, surprise, on passe par l’hôpital. Kate et Victoria sont en consultation ! En fait, elles ont toutes deux une insolation et la doctoresse va leur prescrire une perfusion hydratante. Il y a inflation à mon goût mais… Elle veut même me faire des rayons X pour voir mes poumons lorsque je me mets à tousser. Evidemment, la famille, c'est-à-dire beaucoup de gens, débarquent pour voir les deux dames couchées sur leurs nattes de bambou. Kate suffoque, elle fait une allergie au produit. Merde. Et la maman qui tient absolument à ce que nous allions à un repas le soir offert par l’oncle cancéreux. Finalement j’irai seul, à contrecoeur, laissant Kate et Victoria à l’hôpital. Situation étrange. A suivre... Départ de Xiangtan Séjour à Pékin

Trip to China ( I )



Trip to China – Août 2004

Genève – Vienna – Beijing

Airport, Kate’s mobile rings just after the landing. It’s Fan-fan, her nice friend who organized a lot for us. Money, bank account, phone card and train ticket. We eat in a cantine in the banks quarter of Beijing where she works. Very good northern dishes. Restaurant is hold by a province government.

Night train, Beijing-Changsha, 1ère classe de 18:00 à 07:40. Couchettes climatisées avec un écran TV pour chaque. Je dors d’une traite tandis que Kate et Victoria ont bavardé longtemps. Le matin, train traverse zones rurales, humides, tropicales au vert intense, briques rouges. Shan wu = matin, xia wu = soir.

Accueillis avec des fleurs à la gare de Changsha par les parents de Kate. Son cousin, Lili, sa tante aussi sont là. En van, nous rejoingnons Xiangtan ( env. 30 min ). Chauffeur qui aime klaxonner. Routes parfois très larges et très modernes. Déjeuner au Garden Hotel où ils servent aussi café au lait. Les parents ont soigné l’accueil et ne veulent pas que soyions trop dépaysés. Visite du nouvel appartement, très moderne, décoré avec du goût.









Avant d’entrer dans l’immeuble, l’oncle qui cuisine ( le père de Lili ) a fait sauter quelques pétards. Repas excellent. Kate et son poisson favori. On marche jusqu’au centre ville. Beaucoup de regards sur Victoria et moi. ( en deux semaines, on aura croisé que 3 non asiatiques !!! ). Massage des cheveux, des doigts et du dos, puis massage dans un salon de relaxation, chaussettes grises. Les filles y travaillent dur 10h / jour, 2 jours de congé par mois. Pensent que les européens sont paresseux !. Au supermarché, j’achète une ceinture. Les enfants qui spontanément vous disent « hello, how are you ? , what’s your name ? ». Le soir, on croise aussi des amis qui sont invités directement à la maison. Leur deux enfants sont adorables. Distribution des cadeaux, le coucou clock fonctionne, mais l’oiseau ne s’envole pas dans la maison comme l’avait imaginé la maman de Kate !









Journée intense
Déjeuner = nouilles délicieuses préparées par le papa. Après la répartition des cadeaux suisses, on part pour la tournée des familles. La grand-mère de la petite fille prodige, Qin Qin, ( musique, caligraphie, anglais ). C’est l’oncle qui possède l’agence de voyage qui nous véhicule partout dans Xiangtan malgré son emploi du temps chargé. La sœur du père de Kate dans le magasin florissant de climatiseurs ( une bonne affaire ici ), du thé, toujours pour nous accueillir. Ensuite, l’hopital, par ailleurs assez bien équipé où un oncle y est traité pour un cancer ; son sourire fait plaisir à voir. Ensuite, on file pour le dîner dans le vieux quartier de la ville, maisons basses, rues étroites. Ici, dans une vieille bâtisse, Kate ( Dian dian ) y a été vue alors qu’elle n’avait que quelques mois seulement. L’oncle raconte même qu’il a su que Kate serait intelligente car dès son berceau, elle avait suivi du regard un objet tombé au sol. Ces gens sont hyper accueillants et à chaque passage, ils nous offrent du « watermelon », du thé, des fruits, lychees, cigarettes. Ensuite, monstre repas en commun avec table tournante.

Les plats sont délicieusement épicés et évidemment nous devons tout tester et manger beaucoup.








Il y a du lait, car il a été dit que nous buvions beaucoup de lait. Les petits concours de « Kampei » se terminent bien. Encore d’autres visites. La petite maison avec le portrait de Mao, la belle maison près de l’étang ( beurk ) avec plein de cousines, leurs enfants. Dans cette autre maison, les enfants qui font de l’internet.


Direction la fabrique de textiles de mama Wang.












On y fabrique des vestes d’hiver pour des clients fameux comme Carrefour, C&A, mais ceux-ci passent par un intermédiaire qui se raffle une bonne partie de la marge. Ces dames y travaillent sept jours sur sept, dix heures par jour. Ensuite, depuis le bureau du manager qui fume tout le temps, on va aller essayer tout le stock et repartir avec un sac plein. Quelques couturières nous ont même raccourcis des pantalons en shorts sur mesure. Ici, pas d’ordinateur, la comptabilité, y compris bouclement mensuel est faite sur le boulier ! Il y a apparemment des pièces d’entrée et sortie de stock.

Repas sur ce bateau ( idée du cousin ), style Mississipi. Ca commence avec une série de photos, puis tout à coup l’orage. On se retrouve dans la partie basse du bateau, dans une salle à manger.

Dans ce cas, c’est le restaurant qui paye ce qui est resté sous la pluie. Le client est le roi. Repas payé par la fabrique de textile pour nous ! En rentrant, on s’arrête à un marché de poteries. On y fera du bruit avec un immense vase. Puis dodo.


Le lendemain ( jeudi 22/7 ) est nettement plus calme.
Le sommeil nous retient Victoria mumm, Kate et moi jusqu’à 10h30 au lit. Puis, les traditionnelles nouilles sauce piquante. Après midi lecture et sieste. Kate va visiter son professeur d’école. La famille prend l’apéro dans le nouvel appartement. Puis, départ pour le grand hôtel de Xiangtan dans le van du cousin. Palace 5 étoiles. A l’entrée, la maman de Kate a fait inscrire en doré sur fond rouge le motif de cette invitation. L’accueil est hyper chaleureux et professionnels comme dans beaucoup d’établissements chinois et environ 20 employés qui nous souhaitent la bienvenue. Les 3 tables rondes vont se remplir. La cérémonie est ponctuée de discours de Kate, en dialecte bien sûr et des autres invités. Ensuite, on fait le tour des tables et Kate traduira mes mini discours. Je suis ému, car tous ces gens me sont déjà familiers et si souriants.




Journée excursion à la campagne
En bus de l’entreprise touristique du cousin, à environ 45 min de la ville, se trouve un parc naturel écologique avec lac, îles et forêt de bambous aménagées en camping-bungalows. Ce cousin fort entreprenant a acheté tout le terrain. Il a aussi acheté le nom d’un célèbre peintre et fait protéger pour l’utiliser comme label de ces produits touristiques.
Sur la route, on s’arrête admirer ces superbes champs de fleurs de lotus. Un paysan nous bloque la route et nous menace. Il croit que nous avons volé des fleurs.
A midi, classique repas pantagruelique, puis sieste dans les petites chambres sur tapis de lit de bambou. Le chemin est magnifique. Rizières, champs de lotus et aussi un développement le long des routes principales. Le soir, nous participons comme interprètes ( surtout Kate ) à une transaction immobilière dans une agence. Une française enseignante et sa fille qui voulaient acheter un appartement mais la banque en France ne leur a pas accordé la suite du crédit. La dame veut récupérer son acompte. Ce sont les premiers non-asiatiques que nous croisons en 5 jours. Ensuite, souper avec la famille du soldat chez qui nous finissons la soirée.

Samedi 24/7/04
Debout à 8h, les parents qui dorment dans le couloir oû il fait plus frais, sont déjà debout. On embarque dans un Espace Chevrolet vitres teinteés pour aller à Shaoshan là ou est né Mao Zedong. Le site est beau et le Grand Timonier avait bien planifié sa maison de retraite à la façon des grands dictateurs. Sur le chemin qui y mène, des poèmes écrits par lui-même sont gravés dans la pierre. Le marketing des souvenirs fonctionne bien. Les statues en bronze, les pin’s et surtout les pendentifs qu’on accroche au rétroviseur et qui portent bonheur. A l’aller, la maman de Kate a lu les lignes de ma main. Le résultat est bon. Côté cœur, je vivrai longtemps heureux avec la même personne aurai (3) enfants. Côté carrière, il faudra attendre 40 ans pour voir du changement. Zut alors ! Le soir, nous sommes invités dans un salon de thé ou la traduction est perpétuée de façon poètique. On y loue des pièces et quelqu’un vient faire la démonstration. C’est très chic. Le bol de thé se tient avec les trois doigts.